14 partages Afrique du Sud: Jacob Zuma a48heures pour démissionner


Il y a10ans, Jacob Zuma prenait les rênes du pouvoir au sein de son parti, l'ANC, et à la tête du pays après une âpre bataille interne, dont on disait déjà que le parti ne survivrait pas. Le karma semble poursuivre celui qui a pris la suite de Thabo Mbeki, chassé du pouvoir dans les mêmes conditions. Mais ces derniers mois, sur fond de scandales de corruption et d'accusations de non-légitimation du pouvoir, les voix appelant Zuma à démissionner n'ont cessé de s'élever. Des voix symboliques, tout d'abord, comme celles de vétérans de l'ANC. Puis la frustration s'est diffusée au sein du parti au pouvoir. Après les revers aux élections locales de 2016, puis le limogeage controversé, fin mars 2017, du très respecté ministre des Finances Pravin Gordhan, le mécontentement a jailli de la base au sommet de l'ANC, en passant par les alliés historiques que sont le Parti communiste sud-africain (SACP) et la puissante confédération syndicale Cosatu.

Le marathon de l'ANC pour évincer Jacob Zuma

Aprèsune réunion-marathon à huis closde treize heures, le parti au pouvoir en Afrique du Sud (ANC), réuni dans un hôtel de Pretoria, a décidé de «rappeler» le président Jacob Zuma de son poste de chef de l'Etat», a écrit le site d'information The Times. Cette information n'a pas encore été confirmée officiellement par le parti, tandis que Jacob Zuma n'a pas encore réagi.

Le4février, Jacob Zuma a exclu de démissionner, malgré l'appel pressant de la direction de son parti. Dans les négociations en cours, il tentait d'obtenir l'immunité alors que son nom figure au cÂœur de plusieurs affaires de corruption. Il souhaitait aussi obtenir la prise en charge de ses frais de justice, selon les médias nationaux. Dimanche, Cyril Ramaphosa a toutefois exclu un passe-droit pour le président, rappelant avec fermeté que «ceux qui sont corrompus et ont volé l'argent des pauvres seront jugés».

L'opposition veut maintenir la pression

L'autorité du président Zuma a commencé à vaciller depuis l'élection, en décembre, de Cyril Ramaphosa, qui lui a succédé à la tête de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis l'avènement de la démocratie en 1994. Sous la direction de Cyril Ramaphosa, le parti de feu Nelson Mandela multiplie les réunions pour tenter de sceller l'avenir de Jacob Zuma. Il s'agit pour les pro-Ramaphosa d'éviter la déroute aux élections générales prévues en 2019. Les événements se sont accélérés la semaine dernière à l'approche du très attendu discours annuel du président devant le Parlement. Ce temps fort de la politique sud-africaine a finalement été reporté, officiellement pour éviter des débordements dans l'hémicycle, officieusement, sans doute, pour permettre aux négociations d'aboutir. Aucune nouvelle date n'a été avancée, mais l'ANC a assuré que la présentation du budget prévue pour le21février serait maintenue, laissant penser que la question du président serait réglée d'ici là. Le patron de l'ANC a cependant reconnu que son parti émergeait d'une période de «désunion» et de «discorde». Des divisions qui justifient qu'il manÂœuvre avec énormément de précautions s'il veut sortir vainqueur de cette crise.

Même si la fin de son règne semble proche, le président Zuma reste soutenu par un carré de fidèles. «Ils ont atteint le pic de leur carrière politique, certains sont visés par des plaintes (Â…), ils sont animés par leur seul instinct de survie», a résumé Somadoda Fikeni, analyste politique.

Dans un front uni, les partis d'opposition ont annoncé lundi qu'ils refusaient de faire confiance à l'ANC pour gérer la sortie de Zuma parce que le parti était complice de ses actes répréhensibles. Le chef de l'Alliance démocratique, Mmusi Maimane, a déclaré que les parties ont convenu que le Parlement doit être dissous et qu'une élection nationale anticipée devrait avoir lieu.Julius Malema, leader de la Ligue de libération économique (FEP), a lui-même fixé une date limite pour la présidente de l'Assemblée nationale, Baleka Mbete. Dans une lettre à Mbete, le FEP a demandé que la motion de défiance envers Zuma soit présentée du22février à cette semaine. Tout s'accélère alors que de nombreuses questions se posent désormais sur le fonctionnement du gouvernement sur le court terme et les répercussions sur la stabilité politique du pays.

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