14 partages Par inadvertance, Facebook a révélé les identités de ses modérateurs à des groupes terroristes

Il s'agit sans doute de l'une des plus grossesdéfaillances sécuritaires du réseau social américain, exposant ainsi la vie de certains de ses employés. D'après les révélations du Guardian, l'affaire remonte à novembre2016. Plus de 1.000agents répartisdans 22 départements du groupe sont concernés. La plupart étaientchargés par Facebookde détecter et d'écarterles contenus inappropriés, dont la liste avait étéétabliepar la charte d'éthique du réseau social. Parmi ces contenus inappropriés: la propagande terroriste.

Sur les 1.000 personnes, environ 40 relevaient de l'unité antiterroriste du siège européen deFacebook à Dublin. Après que le groupe aconclu que les profils de six d'entre eux avaient été probablement repérés par deprésumés terroristes ou membres d'organisations listées comme telles, ces derniersont été inscrits sur «la liste prioritaire de victimes potentielles» .

Exilé pendant cinq mois

Selon le Guardian, le bug faisaitapparaître les profils personnels des modérateurssous formedenotifications dans le journal d'activitédes groupes terroristes censurés. Facebookexpliqueavoir apporté des modificationspostérieures pour «mieux détecter et prévenir ces types de problèmes».

«Nous nous soucions de la sécurité de nos employés, souligne leréseau social. Dès que nous avons appris l'incident, nous avons procédé à des correctionset nous avons lancéune enquête approfondie pour comprendre sur ce qui s'est réellement passé.»

Un des six modérateurs que le Guardian acontactéestime qu'«il devenait trop dangereux pour de rester à Dublin».Cet Irlandais d'origine irakienne faisaitpartie des centaines de modérateurs que Facebook acontractés via la société de sous-traitance Cpl Recruitment. Craignant pour sa vie et celle de sa famille, «il s'est enfui de l'Irlande pour s'exilercinq mois en Europe de l'est, après avoir découvert que sept individus associés à un groupe islamisteégyptien, soutiendu Hamas, dont certains membres sont liés à l'Etat islamique avaienteu accès à sonprofil», rapporte le quotidien britannique.

«Lorsque vous venez d'une zone de guerre,vous savez que les gens sont massacrés pour cela, a-t-il déclaré. Ceux qui travaillent pour la lutte antiterroriste risquent la décapitation.»

Facebook n'a pas pris la mesure de cettemenace

La plupart des modérateurs decontenus queFacebook emploie sont des sous-traitants mal rémunérés et qui travaillent dans des conditions extrêmement stressantes.D'après son témoignage, les six ont pris conscience qu'ils étaient devenus des cibles potentielles lorsqu'ils ont commencé à recevoir des demandes d'amitié de la part de gens affiliés aux organisations terroristes dont ils censuraient les publications.

«Notre enquête a révélé que seule une petite fraction des noms était probablement vue, et nous n'avons jamais eu de preuves d'une menace pour les personnes touchées ou leurs familles à la suite de cette affaire», a estimé le réseau social. Insuffisant pour le modérateur concerbé. Revenu de son exil le mois dernier, il adéposé plainte contre le groupeetla société de sous-traitanceCpl Recruitment pour «préjudicemoral» subi :«Je n'ai plus d'emploi, je vis dans l'angoisse.» Aujourd'hui, il souhaite être dédommagé à la hauteur de sonpréjudice.

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