14 partages Mathieu Madenian : "Si j'étais mieux dans ma peau, j'arrêterais et je ferais trader"

Vendredi 17 novembre, Mathieu Madenian partagera la scène de la Cigale à Paris avec une vingtaine d'humoristes comme Fary, Akim Omiri ou Fadily Camara. Une soirée avec ses «potes» du Paname Art Café: «Pour le plaisir d'être ensemble».

Dans la cave du Paname Art Café, dans le 11ème arrondissements de Paris, de nombreux humoristes viennent tester leurs blagues devant un public attentif. Depuis des années, ils se passent le micro après leur numéro de stand-up et s'entraident pour l'écriture de leurs spectacles respectifs. Vendredi 17 novembre, ils se retrouvent cette fois-ci à la Cigale, pour la soirée «We Love Comedy», organisée par Kader Aoun Productions. Il y aura Paul Taylor, Fary, Panayotis Pascot, Tom Villa, Hakim Jemili, Akim Omiri, Fadily Camara, Tania Dutel, Ahmed Sparrow, John Sulo, Roman Freyssinet, Laura Domenge, Jonathan O'Donnell, Melha Bedia, Marina Cars, Lenny, Djimo, Mademoiselle Dalila, Willaxxx... Et aussi Mathieu Madenian. Interview.

Paris Match. Qu'est-ce qui vous plait dans ces événements qui réunissent autant d'humoristes comme le «We Love Comedy»
Mathieu Madenian. C'est le plaisir d'être ensemble. Humoriste, c'est un métier solitaire. Avec ce genre de plateau, on se sent moins seul. Et puis tout ceux qui seront là vendredi soir sont des potes. ...a fait des années qu'on grandit ensemble au Paname Art Café. On se voit tous les soirs, là ce sera pareil mais dans une grande salle.

Fary à 26 ans, Panayotis Pascot a 19 ans...
Putain, vous allez me dire que je suis vieux. [Rires]

Vous êtes tout de même le doyen de la bande!
Je suis le doyen c'est vrai, mais seulement en âge. Il n'y a pas de différence entre nous tous. Fary, par exemple, va travailler sur son deuxième spectacle, moi je n'en ai fait que deux et je vais commencer à écrire le troisième. ...a ne se joue pas à l'âge. Et je ne suis en aucun cas le meilleur.

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Est-ce vous donnez des conseils aux jeunes qui commencent?
On s'aide tous. On se donne des idées de blagues, ou quand quelqu'un a une bonne idée mais n'arrive pas à trouver de chute, on cherche ensemble. C'est un métier de mécano, pour créer un sketch, on assemble des idées. Parfois, on est tellement centré sur ce que l'on fait qu'on a besoin d'un regard extérieur. ...a devient un sport d'équipe. Les bons footballeurs ne sont pas toujours ceux qui marquent les buts, il y a aussi les passes décisives. Et puis, on fait les premières parties des uns et des autres. Par exemple, j'avais proposé à Fary de faire ma première partie. Mon producteur Kader Aoun, qui n'était pas son producteur, l'a filmé et l'a publié sur Facebook, ça l'a rendu célèbre.

Il n'y a pas de jalousieentre vous tous?
Je suis jaloux de tous. De tous! Du talent qu'ils ont. Ils savent faire des trucs que moi je ne sais pas faire. Ils font des trucs mieux que moi. Ils parlent de sujets dont je ne parle pas et où je me dis que c'est hyper intéressant.

Vous remplissez le Bataclan, quel est l'intérêt pour vous de venir vous produire dans la cave du Paname Art Café?
C'est facile de faire rire 1.000 personnes qui sont venues te voir. C'est beaucoup plus dur de faire marrer 60 personnes qui n'ont pas payé. Tu sais tout de suite si t'es marrant ou pas. Et puis c'est comme ça que t'écris, que tu améliores tes textes.

Vous faites des chroniques avec Thomas VDB et de la radio. Qu'est-ce que vous préférez entre la scène et la télévision?
Avec Thomas, c'est l'éclate. Parce qu'on est tous les deux sur un projet commun. Mais s'il n'y avait pas la scène, j'arrêterais la télé. Mon métier, c'est écrire et monter sur scène. Là, pour créer mon nouveau spectacle, je vais repartir à zéro. Réfléchir à de nouveaux trucs intéressants à dire. Je vais retourner au Paname: au «Labo du rire», le mardi à 18 heures, jouer mes sketches devant 60 personnes pour voir ce qui marche. Et rentrer en pleurant parce que je me trouve nul.

Est-ce qu'être humoriste, c'est un atout pour draguer?
C'est un métier de charme. Le but c'est de plaire. Du coup, je pense que, quand tu es humoriste, tu restes seul. [Rires] On doit avoir un peu des problèmes psychologiques... Si j'étais mieux dans ma peau, j'arrêterais et je ferais trader. Parce que ce n'est pas naturel de monter sur scène. Alors pourquoi je le fais? Je ne fais pas de psychologie, mais je pense que ça vient d'un manque affectif. Quand j'étais petit au repas de famille, ma mère me disait: «Arrête de faire l'intéressant.» En fait aujourd'hui, je continue de faire l'intéressant. Je suis resté un gamin.

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