Madagascar: Gouvernance - La séparation des pouvoirs à l'épreuve des faits

La séparation des pouvoirs a été toujours l'un des principes fondamentaux de la République de Madagascar. Mais deux récents événements ont relancé le débat dans les coulisses politiques sur cette notion qui est acceptée par tous les acteurs politiques du pays mais dont l'effectivité reste sujette à caution.

Certains loustics n'hésitent pas à parler de « trois en un ». La nomination des nouveaux membres de la Haute Constitutionnelle et l'intervention du ministre de la Justice, « afin de préserver l'ordre public » à la suite de l'arrêt du Conseil d'État concernant les élections municipales à Nosy-Be étaient à l'origine d'un nouveau débat sur l'effectivité de la séparation des pouvoirs dans le pays. Des membres de la société civile étaient très vite montés au créneau pour vilipender l'initiative du garde des sceaux. Ils ont parlé d'une «ingérence » manifeste du pouvoir Exécutif dans les fonctions du pouvoir judiciaire.

Cependant, le ministère de la Justice voit la situation différemment et parle plutôt de motif « impérieux ». Ce département se veut d'ailleurs le plus grand défenseur de la notion de séparation de pouvoir. « Comme tout État moderne respectueux du principe de la séparation d e s pouvoir s, Madagascar a ses Pouvoirs Législatif, Exécutif et Judiciaire. Concernant particulièrement le Pouvoir Exécutif, il est incarné par un Gouvernement constitué de Ministères; dont ceux dits de souveraineté », peut-on lire ainsi sur le site du ministère. Mais est-ce la réalité absolue ?

Domination de l'Exécutif

Se basant sur des...