A Moscou, une université pour rebâtir l'influence russe en Afrique

Après des décennies de reflux, Moscou ambitionne de se relancer en Afrique. Au coeur de l'effort, l'Université moscovite d'amitié entre les peuples (RUDN) veut revenir sa grandeur soviétique et former les nouvelles élites africaines.

Cette université, appelée l'époque soviétique Patrice Lumumba du nom du héros indépendantiste congolais assassiné, était partir des années 1960 une pierre angulaire de la politique d'influence de l'URSS.

Elle forma alors, en pleine Guerre froide, nombre de décideurs africains, arabes, sud-américains et asiatiques mais aussi leurs homologues russes. Une politique de poids en pleine décolonisation.

Après la chute de l'Union soviétique en 1991 et la crise économique et d'autorité dévastatrice qui suivit, ce haut lieu de l'éducation s'est retrouvé en position de laissé-pour-compte, faisant les gros titres pour les attaques racistes la visant ou cet incendie aux origines toujours troubles qui fit 43 morts dans une résidence vétuste en 2003.

Selon son recteur, Vladimir Filippov, l'université a tourné cette page sombre, et retrouve son rôle dans le "soft-power" russe. Et cela l'heure où la Russie cherche faire un retour en Afrique, comme en témoigne le tout premier sommet Russie-Afrique que Vladimir Poutine organise les 23-24 octobre Sotchi, où une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernements africains sont attendus.

"Notre tâche, et la tâche de la Russie en général, est de ranimer le système que nous avions sous l'URSS", affirme volontiers M. Filippov, un ancien ministre de l'Education.

A l'époque de la Guerre...