Algérie: après l'annonce d'une élection, l'armée durcit le ton

L'armée algérienne a durci le ton mercredi, trois jours après l'annonce d'une élection présidentielle malgré le rejet de la rue, en indiquant qu'elle empêcherait désormais les manifestants des autres régions de se joindre aux cortèges de la capitale Alger.

"J'ai donné des instructions la gendarmerie nationale" pour empêcher la venue de manifestants "d'autres wilayas" (préfectures) Alger, a déclaré lors d'un discours le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et homme fort de l'Algérie depuis la démission forcée d'Abdelaziz Bouteflika le 2 avril.

A cette fin, il a appelé "l'application rigoureuse des réglementations en vigueur, y compris l'interpellation" et la saisie "des véhicules et des autocars utilisés", ainsi que la délivrance d'"amendes leurs propriétaires".

Dans ce discours prononcé Tamanrasset, dans l'extrême sud du pays, le général Gaïd Salah a motivé sa démarche par l'existence de "certaines parties (...) aux intentions malveillantes, (qui) font de la liberté de déplacement un prétexte pour justifier leur dangereux comportement", lequel "consiste créer tous les facteurs qui perturbent la quiétude des citoyens".

Ces "parties", non identifiées, drainent "chaque semaine des citoyens (...) vers la capitale afin d'amplifier les flux humains dans les places publiques, avec des slogans tendancieux qui n'ont rien d'innocent", a argué Ahmed Gaïd Salah.

"Leur véritable objectif est d'induire l'opinion publique nationale en erreur avec ces moyens trompeurs pour s'autoproclamer fallacieusement comme les porte-voix du peuple", a-t-il tonné.

- "Faux prétextes" -

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