Algérie -Bouteflika: un cinquième mandat loin de faire l'unanimité

Lepoint - Il y'a 4 jours  -  Voir source de l'article

Djouher,50ans, fonctionnaire dans une poste l'ouest d'Alger, est gênée face la question. «Je me suis effectivement inscrit sur la liste électorale de ma commune, mais je ne mettrai rien dans l'enveloppe le jour du vote.» Comme beaucoup d'Algériens, elle tient ce cachet sur sa carte électorale, car la rumeur a imposé la peur de voir une demande de logement social ou d'aide quelconque refusée par les autorités défaut de prouver qu'on a «accompli son devoir électoral». «J'ai voté Bouteflika jusqu' 2014, pensant qu'ils allaient le laisser tranquille, comme le vieux de la famille qu'on accompagne vers la fin. Mais l, non, c'est trop, je ne veux pas participer ça», lance-t-elle d'un coup. «‡a»: le cinquième mandat que s'assure Abdelaziz Bouteflika,82ans et vingt ans de règne, en se présentant comme candidat sa propre succession pour la présidentielle du18avril 2019.

Face aux réactions de rejet...

Pour le quotidien privé El Watan, cette annonce «a suscité de nombreuses réactions de rejet» alors que El Khabar, l'autre grand quotidien algérien, titre «Bouteflika assassine la présidentielle», puisque sa candidature, selon ce journal, «annule le moindre espoir d'élections ouvertes». Celui qui n'a pas encore tranché sur sa participation la course et qui est qualifié de «challenger» de Bouteflika, l'ex-chef de gouvernement Ali Benflis, va plus loin. Son parti, Talaie el Houriat (Avant-gardes des libertés), parle d'une «décision irresponsable», d'un «coup de force» qui touche la «dignité citoyenne». De son côté, Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid (Nouvelle génération) et principal animateur du mouvement Mouwatan (Citoyenneté), créé pour s'opposer au cinquième mandat, prévient sur sa page Facebook: «Nous allons agir.» «L'Algérie vient de rentrer dans une phase qui annonce des troubles, des confrontations et des dérives sécuritaires la hauteur de la folie du régime», écrit Soufiane Djilali. Pour le Front des forces socialistes, le plus vieux parti de l'opposition, il appelle un «boycott massif» de l'élection et de son responsable Ali Laskri qui a déclaré au site TSA que «même la rue peut réagir».

... l'Etat entend réagir avec fermeté

Une option que les autorités semblent avoir anticipée, leur manière. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a lancé un avertissement on ne peut plus clair lors d'une conférence de presse le2février dernier. «Pas de recours la rue pour la présidentielle ou en dehors....