Cameroun: « Bayam-sellam » - Les « gardiennes » du marché

Allafrica - Il y'a 2 semaines  -  Voir source de l'article

Ces femmes se lèvent aux premières heures pour nourrir tout un pays et offrir leurs enfants un avenir meilleur.

Les cris des vendeurs la sauvette, de ses consœurs haranguant les clients, et même le bourdonnement causé par les négociations entre commerçants et acheteurs, Agnès Fouda n'y fait pas attention. Cela fait d'ailleurs une bonne vingtaine d'années qu'elle ne les entend plus. Madame est « bayam-sellam » au marché Acacias Yaoundé depuis des décennies. Aussi longtemps qu'elle s'en souvienne, elle a toujours travaillé dans cette ambiance. Elle y contribue activement en hélant des passants. « Ma fille, il y a du bâton de manioc bien fait ici », lance-t-elle une dame en train de faire ses courses. Pour Agnès, les « bayam-sellam » ont un super pouvoir : ces « maîtresses » des marchés sont les meilleures observatrices de la situation économique du pays.

Les revendeuses ont un évaluateur intéressant qui, au fil des années, ne les trahit jamais : le panier de la ménagère. « Quand les femmes remplissent ras-bord leurs sacs du marché, sans même discuter les prix avec nous, c'est que les salaires sont l », déclare Agnès Fouda, avant de partir dans un fou rire. « Quand elles peinent acheter même de la tomate, on sait tout de suite que rien ne va plus »,...