Congo-Kinshasa: Il faut enquêter sur deux anciens responsables des services de renseignement

Kinshasa "" Les autorités de la République démocratique du Congo devraient ouvrir des enquêtes sur deux anciens responsables des services de renseignement récemment limogés et accusés d'avoir commis de graves violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. En mars 2019, le président Félix Tshisekedi a relevé Kalev Mutondo de ses fonctions de directeur de l'Agence nationale de renseignements (ANR) et Roger Kibelisa de son poste de chef du Département de la sécurité intérieure de cette agence.

Sous la direction de Mutondo et de Kibelisa, l'ANR a été un instrument de répression politique contre les dirigeants de l'opposition et les activistes pro-démocratie et des droits humains, tout au long de la longue crise politique qu'a connue le pays. Le président Tshisekedi a nommé Kibelisa au poste d'assistant du conseiller spécial du Chef de l'Etat en matière de sécurité. On ignore encore si Mutondo se verra offrir un nouveau poste.

« Le limogeage de Mutondo et Kibelisa par le président Tshisekedi pourrait s'avérer être une étape importante vers la fin des abus systématiques commis par les services de renseignement congolais », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l'Afrique centrale Human Rights Watch. « Mais au lieu de donner ces hommes de nouveaux postes, la nouvelle administration devrait enquêter sur leur comportement passé et les poursuivre en justice de manière appropriée. »

Mutondo a été le principal architecte de l'entreprise de répression par le gouvernement de la contestation politique mise en place alors que le président de l'époque, Joseph Kabila, se maintenait au pouvoir au-del de la limite de deux mandats autorisée par la constitution, en décembre 2016. Human Rights Watch s'est entretenu avec plus d'une douzaine de responsables gouvernementaux, de membres de la coalition de Kabila et d'agents des forces de sécurité, qui ont tous affirmé que Mutondo avait joué un rôle central dans la répression exercée par le gouvernement l'encontre des activistes des mouvements de jeunesse pro-démocratie et des dirigeants d'opposition et leurs partisans, ainsi que dans l'orchestration de...