Dans un village de Centrafrique, agriculteurs et éleveurs retrouvent un terrain d'entente

Sur les étals du marché d'Awatché, un village de Centrafrique, colliers, hampes et jarrets de boeuf s'exposent au soleil sous les regards gourmands des villageois. Les éleveurs peuls sont revenus et avec eux la viande fraiche disponible bon prix.

"Depuis le mois de novembre 2018, les Peuls reviennent chez nous ici!", annonce fièrement Félicien Katiako, le chef du village de Govobanda, tout près d'Awatché, dans le centre de la Centrafrique.

Ces éleveurs semi-nomades avaient fui leurs villages en 2014, au plus fort de la crise en Centrafrique, par peur des violences intercommunautaires avec les agriculteurs sédentaires.

Aujourd'hui, l'heure est une cohabitation harmonieuse, qui s'apprécie jusque dans l'assiette des villageois.

"Nous mangeons le b½uf ici chaque semaine avec les Peuls, et eux peuvent avoir du manioc", se réjouit Gervais Koyobogui, président des villages du secteur d'Awatché situés sur la route qui relie Bambari Kouango.

"La cohésion sociale rend le village autonome et augmente ses capacités", renchérit Philippe Tougba, conseiller-médiateur dans ce regroupement de villages.

En Centrafrique, comme dans d'autres pays de la région, les conflits entre éleveurs et agriculteurs sont fréquents, notamment cause des destructions de champs et des vols de bétail.

Mais la crise en Centrafrique a amplifié les violences liées la transhumance.

- "Représailles sanglantes" -

En 2013, la Séléka, une rébellion dominante musulmane, venue du nord du pays, a pris le pouvoir Bangui, avant d'en être chassée. En réaction, des milices antibalaka, prétendant défendre les chrétiens et les animistes, se sont formées dans plusieurs régions.

Le bétail est l'objet de la...