En Guinée, les chantiers du "bâtisseur" Condé

Slateafrique - Il y'a 2 semaines  -  Voir source de l'article

Entre Fatou Conté et Diabate Famoro, le jugement sur la Guinée après dix années de présidence Alpha Condé et l'aube d'une présidentielle incertaine ne saurait être plus discordant, y compris sur l'approvisionnement en électricité.

"Depuis Condé, on a la lumière", dit Fatou Conté, vendeuse de pain de 41 ans. Diabate Famoro, 33 ans, qui subsiste comme il peut malgré un diplôme de chaudronnier, se plaint des coupures incessantes parmi toutes les incertitudes de sa vie, et s'inquiète de savoir comment il va recharger son portable.

Dans le vacarme des haut-parleurs de campagne et des klaxons des motos qui slaloment en escadrilles dans l'encombrement de Conakry, Fatou Conté et Diabate Famoro ont en commun d'appartenir aux vastes classes populaires. Leur contradiction rend compte la fois des progrès réalisés depuis 2010, année où Alpha Condé a accédé la présidence, et des retards qui maintiennent le pays parmi les plus pauvres du monde, malgré des ressources naturelles considérables.

M. Condé brigue un troisième mandat, faisant fi de mois de contestation. Il a fait dresser d'immenses portraits de lui promettant la "prospérité partagée". Dans la ville trépidante pavoisée aux couleurs jaunes du parti du président ou vertes et blanches de son adversaire, ce dernier, Cellou Dalein Diallo, proclame sur ses affiches que "le changement, c'est maintenant".

M. Condé invoque dix années de redressement de l'Etat et d'avancée des droits, malgré les renfrognements d'Amnesty International ou de Human Rights Watch. Mais il se veut surtout un "bâtisseur" qui dit avoir avoir relevé son pays force de grands chantiers et de réformes après l'avoir trouvé terre en 2010.

- Ebola puis Covid -

"La banque centrale n'avait pas un mois de réserve, l'inflation était 21%, on n'avait terminé aucun programme avec la Banque mondiale qui nous appelait +le panier percé+", disait-il au quotidien...