En Somalie, des femmes bravent tradition et religion sur le terrain de foot

La vue est une incongruité dans la capitale somalienne Mogadiscio. Peu après le lever du soleil, lorsque la chaleur est encore supportable, un groupe de femmes débarquent sur un terrain de football et enlèvent leurs encombrants hijabs pour révéler des maillots bleus ou verts.

Le port d'épais collants sous les shorts pour cacher leurs jambes, et de voiles ou bonnets pour cacher leurs cheveux n'y fait rien, c'est sous les regards aussi désapprobateurs qu'intrigués de jeunes hommes, choqués par ces vêtements trop moulants pour la société somalienne, que les joueuses enchaînent les exercices.

Toujours le sourire aux lèvres, conscientes de leur rôle de pionnières, elles zigzaguent entre des plots de couleur, effectuent des séries d'abdominaux et se passent un ballon usé sur un terrain en herbe synthétique. Le tout moins de 200 mètres d'un barrage de sécurité gardé par des hommes lourdement armés.

Car ces jeunes femmes ne bravent pas seulement les conventions d'une société musulmane très conservatrice, elles affrontent aussi la peur, omniprésente Mogadiscio, des islamistes shebab.

Affiliés Al-Qaïda, ces derniers y mènent régulièrement des attaques meurtrières, et condamnent toute forme de divertissement tel le football, d'autant plus s'il est pratiqué par des femmes.

"C'est évident, nous avons peur malgré le fait...