14 partages Génocide: assises requises en France pour un médecin rwandais

Au terme de 23 ans d'enquête, le parquet de Paris a requis le renvoi aux assises de Sosthène Munyemana, un médecin rwandais accusé d'être acteur et complice du génocide de 1994 dans son pays, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Il revient désormais au juge d'instruction de décider de la tenue ou non d'un procès contre cet ancien docteur de Butare (sud du Rwanda), qui s'était réfugié en France en septembre 1994, quelques mois après la fin des massacres au Rwanda, qui ont fait, entre avril et juillet 1994, environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi, mais aussi chez les Hutu modérés.

Dans ce réquisitoire de 177 pages signé le 11 mai, le procureur accuse M. Munyemana, 63 ans, d'avoir cosigné "une motion de soutien au gouvernement" génocidaire et d'avoir participé au comité de sécurité de Tumba ayant organisé la traque des civils tutsi, durant les deux dernières semaines d'avril 1994, peu après le début des massacres.

Il lui reproche aussi la détention "dans des conditions inhumaines des civils tutsi dans les locaux du bureau de secteur alors sous son autorité", d'avoir relayé "auprès des miliciens les instructions des autorités sur la traque des Tutsi" et d'avoir assuré le transfert de civils détenus vers des "sites de regroupement (...) en connaissance des exactions massives qui s'y déroulaient".

Cette information judiciaire avait été ouverte en 1995 Bordeaux (sud-ouest de la France) et transférée en 2001 Paris. D'abord témoin assisté, le médecin avait finalement été mis en examen en 2011.

Il s'était vu refusé en 2008 sa demande d'asile en raison des soupçons pesant sur lui. La demande d'extradition formulée par Kigali son encontre avait été rejetée en 2010.

Le Dr Sosthène Munyemana, marié et père de trois enfants, exerce depuis dix-sept ans comme urgentiste dans un hôpital de Villeneuve-sur-Lot (sud-ouest).

Quelque 25 dossiers liés ce génocide sont instruits au pôle "crimes contre l'humanité" du tribunal de Paris, créé en 2012 Paris face l'accumulation des plaintes, plusieurs auteurs présumés s'étant réfugiés en France.

À ce jour, leur travail a débouché sur deux grands procès: celui de Pascal Simbikangwa, dont la peine 25 ans de prison pour génocide a été confirmée en appel, et celui de deux anciens maires rwandais, condamnés la réclusion criminelle perpétuité et dont le procès en appel a débuté fin avril.

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