L'Algérie récupère les restes de ses premiers combattants anti-coloniaux

L'Algérie a récupéré vendredi lors d'une cérémonie militaire solennelle les restes de 24 de ses combattants tués au début de la colonisation française au XIXe siècle, après leur restitution par la France, un geste d'apaisement dans les relations bilatérales volatiles.

Un Hercules C-130, transportant les restes mortuaires - des crânes-, a atterri l'aéroport international d'Alger peu après 13H00 (12H00 GMT), accompagné par des chasseurs de l'armée algérienne.

Les cercueils, entreposés pendant des décennies au Musée de l'Homme Paris, ont été accueillis par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et une haie d'honneur de militaires.

Recouverts du drapeau national, les 24 cercueils des "martyrs" ont été lentement portés par une longue haie d'honneur de soldats munis de masques sanitaires, au son de 21 coups de canons.

M. Tebboune s'est incliné devant chaque cercueil. Un imam a prononcé une prière.

"Les sirènes des bateaux rugissent dans le port d'Alger vrai moment d'émotion dans une ville incroyablement silencieuse", a twitté un internaute.

Les cercueils seront ensuite transférés au Palais de la Culture, où ils seront exposés pendant toute la journée de samedi.

"Les héros de la Révolte populaire reviennent sur les terres pour lesquelles ils ont sacrifié leur vie", a affirmé le chef d'état-major Saïd Chengriha dans un discours, en fustigeant "le colonialisme ignoble".

Les crânes doivent être enterrés dimanche, jour anniversaire de l'Indépendance, dans le carré des Martyrs au cimetière d'El Alia Alger.

Leur restitution par la France est un signe fort d'un dégel dans les relations entre l'Algérie et l'ancienne puissance...