Le meurtre d'un chanteur vedette, révélateur des tensions ethniques en Ethiopie

Comme chaque après-midi depuis plusieurs jours, Firaol Ajema et ses amis se sont réunis Legetafo, près d'Addis Abeba, pour écouter ensemble les chansons de Hachalu Hundessa, chanteur vedette éthiopien récemment assassiné.

Tous ont revêtus des t-shirts noirs ornés du portrait du chanteur et du slogan "Je suis aussi Hachalu", pour célébrer la mémoire de la vedette dont le meurtre, non élucidé, a provoqué une flambée de violence qui a fait plus de cent morts.

Un nombre indéterminé de ces victimes ont été tuées par les forces de sécurité et d'autres dans des affrontements entre membres de diverses communautés.

Des violences qui mettent en lumière les tensions ethniques grandissantes en Ethiopie et soulignent la fragilité de la transition démocratique mise en ½uvre par le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la Paix 2019.

Depuis son accession au pouvoir, il s'est efforcé de réformer un système jusque-l très autoritaire. Mais ce faisant, il a ouvert la porte aux violences intercommunautaires qui mettent l'épreuve le système éthiopien de fédéralisme ethnique.

"Nous n'avons pas pu porter le deuil comme nous l'aurions voulu", explique Firaol, un étudiant.

"Le meurtre (d'Hachalu) nous a profondément attristés, mais la manière dont le gouverneement l'a géré a empiré les choses", approuve un de ses amis, Birhanu Gadis. "C'est totalement inacceptable".

- Addis Abeba, ville symbole -

Bien qu'apprécié d'Ethiopiens d'origines diverses, Hachalu Hundessa a surtout été le porte-voix des Oromo, qui avaient dénoncé leur marginalisation économique et politique lors des manifestations...