Les Marocains suivent de près la mobilisation chez leur voisin algérien

Par-del la longue frontière fermée, les Marocains, internautes et activistes en tête, suivent de près les manifestations de protestation qui agitent leurs voisins algériens depuis le 22 février, mais les autorités Rabat restent muettes dans un contexte diplomatique tendu.

Si cette mobilisation populaire n'a pas engendré de manifestation de soutien comme en Tunisie, autre pays voisin de l'Algérie, nombreux sont ceux, au Maroc, qui affichent empathie voire enthousiasme, notamment sur les réseaux sociaux.

Le nom du président algérien Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999 mais qui a fini par renoncer un cinquième mandat, arrive en tête des tendances nationales sur Twitter et des flots de messages de soutien sur Facebook.

La presse traditionnelle relaie de manière plus factuelle. "Bouteflika le crépuscule", titre l'hebdomadaire Tel Quel. "Printemps algérien: et maintenant?", s'interroge le quotidien "Les Inspirations éco".

Parmi les rares prises de position publiques, la Coordination maghrébine des droits humains, que préside une militante de renom, Khadija Ryadi, a salué dans un communiqué "le peuple algérien pour sa lutte contre le 5e mandat" et appelé "toutes les forces démocratiques de la région soutenir le peuple algérien".

- "Respect!" -

Maati Monjib, historien et autre militant de renom a exprimé sur Facebook son "bonheur immense" face "cette grande victoire". "Cette Algérie dont on décriait l'immobilisme a renoué avec son histoire (...). Respect!", s'est exclamée sur Facebook Nadia Lamlili, journaliste et romancière.

Bien que les deux nations entretiennent des relations conflictuelles, les peuples sont très proches culturellement.

Un des slogans des manifestants algériens, "Opprimé dans mon pays", reprend ainsi un célèbre chant des supporters Ultras...