Maghreb: la croissance malgré la dette et les réfugiés

Lepoint - Il y'a 2 semaines  -  Voir source de l'article

«Après avoir tourné plein régime au début de 2018, l'économie mondiale a perdu de la vitesse en cours d'année et le chemin pourrait être encore plus cahoteux en 2019.» L'avertissement de la directrice générale de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva, donne le ton. Et ce ne sont pas les freins potentiels l'activité économique mondiale énumérés dans le rapport de la Banque mondiale qui démentent ses propos. Intensification des tensions commerciales, hausse de la dette publique et privée, incertitudes sur la production pétrolière sont ainsi mises en exergue quant aux perspectives de l'année 2019. Excepté pour les pays de la région Maghreb-Moyen-Orient (Mena). Leur croissance commune devrait en effet se renforcer, pour atteindre 1,9% en 2019, même si certains pays «continuent de faire face une dette publique élevée et, dans certains cas, aux défis associés la crise actuelle des réfugiés», notent les économistes du rapport. Mais la vigueur de la production agricole et du tourisme a contribué soutenir la croissance des importateurs de pétrole de la région, le Maroc et la Tunisie en tête. Dans ce pays, les revenus liés au secteur touristique ont bondi, et enregistré une hausse plus de 45% en 2018.

Rester vigilant

Si l'impression globale est positive, les analystes restent vigilants sur les facteurs qui pourraient menacer la dynamique. Et la menace ne vient pas forcément de l'intérieur. Car ce sont des facteurs d'ordre géopolitiques, ainsi que des inquiétudes portant sur la production pétrolière qui pourraient perturber la bonne trajectoire. Les conflits aux frontières, qui peuvent réduire l'accès aux services de santé et d'eau des populations des économies fragiles, et aussi aggraver l'impact de la crise des réfugiés sur les économies d'accueil et d'origine, peuvent également freiner la croissance.

Enfin, une nouvelle augmentation des tensions commerciales pourrait peser lourdement sur...