Mali: 130 civils massacrés pendant une visite de l'ONU, envoi d'une délégation gouvernementale

Une délégation de ministres et de responsables militaires maliens s'est rendue dimanche dans le village peul du centre du pays où quelque 130 personnes ont été massacrées samedi par de présumés chasseursdogons, le plus lourd bilan d'une attaque au Mali depuis plus de six ans.

Cette tuerie, la plus sanglante depuis la fin des principaux combats de l'opération lancée en 2013, l'initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays, s'est produite en pleine visite du Conseil de sécurité de l'ONU au Mali et au Burkina Faso voisin.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense".

Ces violences ont coûté la vie plus de 500 civils en 2018, selon l'ONU.

Un Conseil des ministres extraordinaire s'est tenu dimanche, en présence du président Ibrahim Boubacar Keïta, mais aucune décision n'a été annoncée dans l'immédiat.

La délégation, comprenant plusieurs ministres, dont ceux de la Justice et de la Santé, et des responsables militaires, est arrivée en fin de matinée Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, selon un élu local.

Quelques heures auparavant, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était déclaré "choqué et outré" par ce massacre évoquant un bilan d'au moins 134 civils tués, "y compris des femmes et des enfants", et avait appelé "les autorités maliennes ...