Présidentielle de RDC: la presse africaine partagée

Lepoint - Il y'a 2 semaines  -  Voir source de l'article

«Scènesde liesse Kananga», titre dans un de ses articles la radiocongolaiseRadioOkapi. «Alors qu'il était encore4heures du matin dans une villeplongée dans le noir cette heure-l de la journée, des groupes de personnesont envahi les rues. Coups de sifflet, concerts de casseroles, klaxons demotards et chansons pour célébrer la victoire de Félix Tshisekedi sont entendusun peu partout dans la ville.» Dans cette cité de la province du Kasaï-Central,l'heure est la fête.

Natifde Kinshasa mais ayant élu domicile dans la capitale de la région, FélixTshisekedi est, d'après les chiffres de la Commission électorale nationaleindépendante (Céni), le nouveau président de la RDC avec 38,57% des voix,devant Martin Fayulu, crédité 35,2%, et enfin Emmanuel Shadary, candidatdésigné par Joseph Kabila lui-même, 23,8%. Une annonce surprise,immédiatement suivie de «réactions mitigées sur Twitter», affirme le journald'information sud-africainTheTimes.

Lavictoire de l'alternance

Pourcertains, cette victoire est historique. À l'image de Félicien Kabamba,professeur du département des sciences politiques et administratives l'université de Kinshasa (Unikin), pour qui «l'élection de Félix Tshisekediinaugure une nouvelle ère d'alternance et une expérience nouvelle que laRépublique démocratique du Congo est en train de tenter», assure-t-ilRadio Okapi.

Unebonne nouvelle également pour le journalDjely Guinée.«Il y a deux ans, la bonne nouvelle nous arrivait de Gambie, avec la défaitesurprise de Yahya Jammeh. Eh bien, en ce début 2019, c'est paradoxalement de laRépublique démocratique du Congo (RDC), particulièrement abonnée aux crises, quenous arrive le souffle de l'espoir démocratique sur le continent africain. LaRDC tient enfin son alternance!» écrit le journal dans un article titré «Quil'eut cru?». Cette issue, «quasiment personne n'aurait pu la prévoir»,poursuit-il.

Petitsarrangements entre amis

Etpour cause. Si la victoire d'un opposant au régime est donc de prime abordperçue comme l'illustration de l'alternance démocratique - une première depuisla prise de pouvoir de Laurent-Désiré Kabila en1997-, beaucoup d'observateursn'y voient en fait qu'une énième tactique du président en place pour conserverle pouvoir. «Pour certains...