Cote d'Ivoire: Elections, yako !

Par Catherine Morand

Les rebondissements répétition qui émaillent jusqu' aujourd'hui les élections présidentielles en République démocratique du Congo n'échappent hélas pas la règle.

La plupart des élections sur le continent africain donnent voir des scènes similaires : les électeurs et électrices parcourent courageusement des kilomètres ou attendent pendant des heures sous le soleil, la pluie, pour pouvoir accomplir leur devoir de citoyen, avec gravité.

À chaque fois, ces hommes et ces femmes prennent au sérieux leur devoir électoral, sont remplis d'espoir, rêvent d'un avenir meilleur, avec, la tête de leur pays, une équipe dirigeante moins avide et prédatrice que la précédente. Las. Si les électeurs jouent le jeu, on ne peut souvent pas en dire autant de l'équipe sortante, qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour rester aux affaires; tandis qu'en face, les candidats sa succession sont prêts tout pour accéder la magistrature suprême. Dans chaque camp, le plus souvent, tous les coups sont permis: l'achat de voix; la réquisition de jeunes désoeuvrés pour battre campagne en échange de quelques billets, un tricot ou une casquette; le bourrage des urnes; ou encore le financement de "gros bras" pour mener des opérations commandos destinées "mélanger" le processus électoral.

Même si le pays connaît des tensions, a vécu des heures sombres, rien n'entame l'ardeur des politiciens pour se maintenir coûte que coûte au sommet de l'Etat, transmettre les rênes un dauphin adoubé; ou si on n'a pas encore goûté au miel du...