RD Congo: pourquoi il sera difficile Shadary de gagner la présidentielle

Lepoint - Il y'a 2 semaines  -  Voir source de l'article

La publication des résultats de ces élections devait intervenir le dimanche6janvier dernier, soit une semaine après le jour du vote, selon le calendrier initial de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Celle-ci a cependant été reportée sine die, plongeant tout un pays dans l'angoisse et l'incertitude. «Nous avons déployé les matériels entre23et30jours, la récupération de ces matériels ne peut pas se faire dans un délai de deux jours. Il faut aussi se rappeler le fait qu'on a tous refusé la transmission par voie électronique. On aurait accepté le principe de transmission par la machine voter, on aurait tous les résultats aujourd'hui. Puisque nous avons décidé de le faire manuellement, la Ceni respecte cela», a expliqué Corneille Nangaa, président de la Ceni, lors d'un point de presse dimanche Kinshasa.

La vérité des urnes plus que jamais exigée…

De l'Eglise catholique du Congo la communauté internationale, en passant par les parties prenantes aux élections du30décembre 2018, un seul mot est sur les lèvres: l'exigence de la vérité des urnes. «Les élections ne sont pas une fin en soi, mais le plus important, c'est de rendre public en toute transparence le suffrage tel qu'exprimé par le peuple», a déclaré Charles Manda, philosophe et habitant de Kinshasa.

Du côté du pouvoir, c'est une pilule amère avaler, même si un partisan du candidat du pouvoir tend minimiser cette pression. «Nous sommes habitués depuis les élections de 2006, de 2011, ces genres de pression. Peu importe, notre champion sera proclamé président par la Ceni puisque Emmanuel Shadary est le seul battre campagne dans les26provinces de la RDC», dit-il.

Un déficit sur plusieurs points dans le pays...

Aucun Congolais n'a oublié le rôle d'Emmanuel Ramazani Shadary dans la répression sanglante des marches des chrétiens catholiques vers fin2017 et début2018 Kinshasa et dans quelques villes du pays, notamment les massacres du Kasai dans lesquels deux experts des Nations unies ont trouvé la mort, sans compter les déplacements massifs de personnes. «La population a sanctionné le dauphin de Kabila non seulement pour son rôle lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, mais parce qu'elle ne veut plus voir sa mainmise dans la gestion de la chose publique après ces élections», indique Charles Manda. «Et devant les urnes, les Congolais ont pensé tout ça et ont certainement sanctionné M.Shadary. Ce qui justifierait, mon avis, le report dans la publication des résultats», poursuit-il.

Hormis cela, il suffit de jeter un coup d'œil l'actuelle cartographie électorale qui donne plus de pondération aux provinces acquises par l'opposition particulièrement, au candidat porté par la coalition Lamuka dont Martin Fayulu. «Dans cette cartographie, la capitale Kinshasa occupe la première position avec 11% suivie de la province meurtrière du Nord-Kivu avec 9%, l'ancienne Katanga 4%.» Et les récentes suppressions de 1000 bureaux de vote et...