Sahel: Barkhane face au défi des affrontements entre communautés

Lepoint - Il y'a 2 semaines  -  Voir source de l'article

La situation sécuritaire se dégrade un peu plus dans le Sahel désormais du fait d'affrontements entre communautés d'une violence inégalée depuis le début2019. Le 1er janvier, ce sont37habitants du village peul de Koulogon, dans le centre du Mali, qui ont été tués par, selon les autorités, «des hommes armés habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos». En réalité, une sorte de milice armée de kalachnikovs, loin des gris-gris et de la pharmacopée de brousse des chasseurs, qui prétend protéger les Dogons contre les Peuls. Après avoir incendié des maisons et blessé des habitants qui ont eu la chance d'échapper la mort, les guerriers se sont attaqués au village voisin de Bobosso, avant que l'armée n'en arrête une trentaine.

Ces communautés ethniques se partagent depuis des lustres le même territoire sans que les différends naturels entre eux atteignent une telle violence. Aujourd'hui, c'est une guerre dans la guerre au terrorisme qui s'étend et déstabilise des régions souvent transfrontalières où ces populations sont implantées. Une conséquence de la venue chez elle et de la propagande parfois rémunérée par les groupes salafistes affiliés Al-Qaïda, lesquels montent les communautés les unes contre les autres. Pire. Elles sont prises entre deux feux, coincées entre les djihadistes et les autorités, l'origine de la création de ces milices de chasseurs dogon et bambara qui accusent les éleveurs peuls de soutenir les djihadistes. À l'antagonisme ancestral s'ajoute désormais la pression des groupes terroristes qui divisent ces communautés.

Au Burkina aussi

Le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a beau tenter de mettre sur pied un processus pour parvenir l'arrêt de ces affrontements avec un programme de désarmement des milices d'autodéfense et des combattants djihadistes, les résultats jusqu' présent sont inexistants. Arrivé l'improviste pour des raisons de...