Somalie:Des enfants détenus sont exposés au risque d'abus

Washington "" Les autorités somaliennes détiennent illégalement des enfants soupçonnés d'avoir des liens avec le groupe islamiste armé Al-Chabab, et les traduisent parfois en justice devant des tribunaux militaires, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui.

Le rapport de 85 pages, intitulé "« "It's Like We Are Always in a Prison" : Abuses Against Boys Accused of National Security Offenses in Somalia » (« "C'est comme si nous étions toujours en prison " : Abus l'encontre de garçons accusés d'atteintes la sécurité nationale en Somalie ») décrit les violations du droit un procès équitable et d'autres abus commis depuis 2015 l'encontre de garçons détenus par le gouvernement en raison de liens présumés avec des crimes commis par Al-Chabab.

Le gouvernement fédéral de Somalie s'est engagé remettre rapidement les garçons détenus l'agence des Nations Unies dédiée la protection des enfants (UNICEF), en vue de faciliter leur réinsertion.

Toutefois, la réponse des autorités nationales et régionales somaliennes s'est avérée incohérente, voire parfois une violation du droit international des droits humains.

Suite la capture par le gouvernement de 36 enfants enrôlés par Al-Chabab, le 18 janvier 2018, il a fallu une semaine de négociations avec l'ONU et des acteurs de la protection de l'enfance pour définir des procédures relatives leur traitement.

« Des enfants ayant déj souffert sous la férule d'Al-Chabab se retrouvent exposés au risque de mauvais traitements et d'autres souffrances lors de leur détention par le gouvernement », a déclaré Laetitia Bader, chercheuse senior auprès de la division Afrique de Human Rights Watch et auteure de ce rapport. «

L'approche incohérente et parfois ouvertement abusive adoptée par le gouvernement nuit aux enfants et entretient la peur et la défiance vis--vis des forces de sécurité. »

Human Rights Watch a mené des entretiens avec 80 personnes, notamment des enfants ayant eu des liens par le passé avec Al-Chabab, des garçons qui ont été détenus par les services de renseignement, des avocats, des spécialistes de la protection de l'enfance et des représentants du gouvernement. L'organisation a enquêté sur les procédures judiciaires menées par les tribunaux militaires et a visité deux prisons.

Selon l'ONU, depuis 2015 et dans toute la Somalie, les autorités ont emprisonné des centaines de garçons soupçonnés d'avoir entretenu des liens illégaux avec Al-Chabab.

En vertu du droit international, la Somalie a l'obligation aux termes de reconnaître la situation spécifique des enfants, c'est--dire toute personne de moins de 18 ans, recrutés ou utilisés dans le cadre de conflits armés - y compris les activités liées au terrorisme -, et de les aider se réadapter et se réinsérer.

Les enfants impliqués dans des groupes armés peuvent être jugés pour des crimes graves, mais les procédures judiciaires doivent respecter les normes relatives la justice des mineurs, et il faut envisager également des mesures non-judiciaires.

Le traitement par les autorités somaliennes des affaires relatives aux enjeux de sécurité impliquant des mineurs n'a pas été cohérent, a constaté Human Rights Watch.

Si des représentants du gouvernement ont reconnu par le passé avoir emprisonné des jeunes garçons considérés comme « haut risque », Human Rights Watch a conclu que des facteurs...