Soudan: Incarcération du président soudanais déchu

Par Cheick Beld'hor Sigue

Il n'y a pas loin du Capitole la roche Tarpéienne (Arx Tarpeia Capitoli proxima). Derrière les barreaux depuis hier, le président déchu soudanais doit sans doute présent méditer cet aphorisme datant de l'ère romaine. On peut, en effet, rapidement passer des honneurs la déchéance, de la célébrité la chute*.

Quelle chute aussi brutale que vertigineuse, que celle de l'ancien raïs soudanais ! Les tuiles qui continuent de lui tomber sur son crâne dégarni de roi déchu et nu, risquent de l'abattre davantage. Il faut dire que les événements ont évolué un rythme inouï au Soudan !

Hier seulement placé en résidence surveillée, le voil présent contraint de subir les rigueurs de la prison et, ce faisant, d'abandonner ses grands boubous amidonnés, pour enfiler le costume du déshonneur. Quelle triste et pitoyable fin !

Mais qui pourrait plaindre cet homme aux mains dégoulinantes de sang, qui aura régné sans partage sur son pays trois décennies durant ? C'est, hélas, le sort généralement réservé aux satrapes.

Et c'est pourquoi tous autant qu'ils sont, toujours agrippés leur trône comme l'huître son rocher, qui s'imaginent que le pire n'arrive qu'aux autres, devraient se résoudre enfin se ranger du « bon côté de l'Histoire ».

Faure Gnassingbé du Togo, Idriss Déby Itno du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Denis Sassou N'Guesso de la République du Congo, Obiang N'Guema de la Guinée Equatoriale et on en oublie, seraient bien inspirés de prendre conscience que ce n'est pas en se fossilisant au pouvoir tout en repoussant la Saint-Glinglin l'alternance au sommet de l'Etat, qu'ils se prémuniront contre toute morsure venimeuse de l'Histoire.

Evidemment, tous ces assoiffés de pouvoir peuvent croire que les lames de fond contestataires qui ont récemment emporté leurs homologues algérien...