14 partages Congo-Brazzaville:Souvenirs - Commémoration du 24e anniversaire du génocide rwandais Brazzaville

Par Yvette Reine Nzaba

L'ambassade du Rwanda au Congo, en collaboration avec la diaspora a, le 7 avril, au Palais des congrès, honoré la mémoire des victimes du massacre perpétré contre les Tutsis, ayant emporté plus d'un million de vies humaines durant la période d'avril juillet 1994 dans ce pays d'Afrique de l'est.

Placé sur le thème « Mémoire, unité et renouveau », l'évènement s'est déroulé en présence de plusieurs invités de marque et des membres du gouvernement conduits par le ministre de l'Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua. Il a été ponctué par des séances telles que l'allumage de la flamme de l'espoir ; la projection d'un documentaire sur le génocide et le témoignage d'un survivant.

Au total, vingt-quatre bougies, symbolisant le 24e anniversaire du génocide, ont été allumées tour tour par l'ambassadeur du Rwanda, le ministre Bruno Jean Richard Itoua, les membres du corps diplomatique, les amis du Rwanda et autres.

Prenant la parole cette occasion, l'ambassadeur du Rwanda au Congo, Jean Baptiste Habyalimana, a transmis un message d'espoir et de solidarité aux rescapés.

Selon lui, la seule véritable manière d'honorer la mémoire des victimes est de faire en sorte qu'un tel drame ne se reproduise plus. « Un tel moment nous permet d'honorer la mémoire des victimes, mais aussi de dire et répéter ensemble, plus jamais ça ! Ce plus jamais est un engagement que le peuple rwandais s'est fixé, que l'Union africaine et l'Organisation des Nations unies ont pris et pour lequel nous devons tous, (Rwandais, Congolais, Africains, citoyens du monde), nous battre pour que réellement, ce ne soit plus jamais ça », a déclaré l'ambassadeur du Rwanda, dans son allocution de circonstance.

Il a, en outre, appelé la solidarité dans la lutte « contre toute forme d'idéologie génocidaire, contre toute forme de négationnisme, qui est la dernière étape du génocide, dans la poursuite des responsables de la planification et de l'exécution du génocide au Rwanda, qui sont, en même temps, responsables de la propagation continue de l'idéologie du génocide et du négationnisme ». Lutter contre l'idéologie du génocide, a-t-il poursuivi, « c'est d'abord ne pas être complice, ni par le silence ni par la complaisance au négationnisme et au révisionnisme qui sont, en fait, la dernière étape du génocide ».

Le cas du Rwanda, a estimé l'ambassadeur, « doit servir de leçon toute l'humanité, car, ce qui est arrivé au Rwanda peut arriver dans n'importe quel pays ». Tous les conflits, toutes les violences, les guerres fratricides, a-t-il fait observer, « prennent leur origine dans la politique divisionniste, la confrontation des groupes ethniques, religieux et autres ».

Après avoir réitéré la qualité de l'amitié qui lie, depuis plusieurs années, le Congo et le Rwanda, Bruno Jean Richard Itoua a salué la transformation du Rwanda en un pays attrayant. « De ce drame, des plus belles leçons semblent être tirées par le gouvernement rwandais. La réconciliation, la reconstruction d'une nation, d'une identité nationale sont, depuis vingt-quatre ans, le leitmotiv du gouvernement rwandais. Sur les cendres de ce qui a été détruit, une autre nation, qui fait désormais la fierté de toute l'Afrique, est en train de se construire », a-t-il témoigné.

« Conjuguer des efforts pour empêcher de telles atrocités »

Dans son message, rendu public par Anthony Ohemeng-Boamah, coordonnateur-résident du système des Nations unies au Congo, le secrétaire général de l'ONU, Ant³nio Guterres, a attiré l'attention des Etats, « qui ont la responsabilité fondamentale de protéger la population du génocide, des crimes de guerre, des nettoyages ethniques et des crimes contre l'humanité ».

« Il est impératif que nous conjuguions nos efforts pour empêcher que de telles atrocités se reproduisent. Il est impératif également que la communauté internationale, renvoie un message fort aux responsables pour qu'ils comprennent bien qu'ils auront répondre de leurs actes. La montée du racisme, de l'incitation la haine et de la xénophobie dans le monde inquiète profondément », a indiqué le patron de l'ONU.

Le secrétaire général n'a pas manqué de dresser un parallèle avec le sort actuel de la minorité musulmane rohingya du Myanmar, et s'est dit particulièrement préoccupé par cette situation. « Les membres de cette minorité religieuse et ethnique ont été systématiquement tués, torturés, violés, brûlés vifs et humiliés, et des milliers d'entre eux ont fui au Bengladesh, en quête de sécurité », at-il signifié.

« Si nous voulons en sauver des vies, nous ne devons pas nous bercer de mots. Nous devons avoir le courage de nous départir de notre indifférence, de trouver la volonté d'agir. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons honorer les victimes du génocide et tous ceux qui ont survécu et faire en sorte que ce qui s'est produit au Rwanda ne se reproduise jamais ailleurs », a-t-il conclu.

Au moment où le monde entier célèbre, cette année, le 70e anniversaire de la déclaration des droits de l'homme et de la convention pour la prévention de la répression des crimes du génocide, le patron de l'ONU a saisi cette occasion pour demander aux Etats membres de faire partie de la convention, et de « traduire en acte les engagements pris ».

Autre temps fort, la projection d'un film réalisé par un jeune cinéaste français, permettant de comprendre ce qui s'est passé. Le film raconte l'épopée du Front patriotique rwandais et la manière dont l'ex-rébellion rwandaise est devenue parti-Etat, après le génocide.

Des prières ont été également dites pour "demander Dieu tout puissant, le créateur de l'univers, de mettre au cœur de toutes les filles et tous les fils du Rwanda, la conscience de l'unité et de la réconciliation". La semaine de deuil prendra fin le 13 avril. Les activités relatives la commémoration du génocide dureront cent jours, travers tout le Rwanda, jusqu'au 3 juillet.

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