Côte d'Ivoire : Nouvelles technologies et foncier rural, un duo fécond

Afrik - Le 2018-02-20  -  Voir source de l'article

Un savoir en danger

Force est de constater que malgré tous les efforts consentis par l'Etat ivoirien, la sécurisation des terres rurales stagne. Le processus est coûteux[1] au point que ni l'Etat, ni les propriétaires coutumiers ne sont en mesure d'en supporter les coûts. Quelques programmes de certification menés par des bailleurs internationaux dessinent quelques maigres ilots de terres certifiées sur la grande carte du pays mais il n'en demeure pas moins que c'est par le droit coutumier que le territoire rural est régi et géré au quotidien. Cette situation ne serait pas inquiétante si les sachants des villages n'étaient pas vieillissants et si la jeunesse continuait s'intéresser la connaissance des terres. Mais cet immense savoir n'est-il pas en train de disparaître petit feu? On imagine facilement le chaos conflictuel qui s'abattrait sur le pays si c'était le cas! Avant d'arriver ce scénario catastrophe, d'autres voies sont possibles grâce aux nouvelles technologies.

Comment sauvegarder les données traditionnelles?

L'exemple a été donné par notre think tank, Audace Institut Afrique qui avec le soutien de la fondation Friedrich Naumann, dans 4 villages pilotes de Côte d'Ivoire, a aidé les communautés enregistrer leur connaissance traditionnelle des terres l'aide d'outils simples et relativement peu coûteux[2]. Un GPS et une tablette ou un ordinateur sont des outils suffisants. Il ne s'agit pas de révolutionner la gestion du foncier dans les villages mais simplement d'enregistrer la tradition, de la sauvegarder et de clarifier les droits de chacun. Chacun connaît ainsi sa place dans la communauté: les propriétaires coutumiers, les exploitants et leurs tuteurs, celui qui a un droit d'accueil, celui qui a un devoir de gratitude, etc. Ces nouvelles technologies alliées une bonne méthodologie, un dialogue communautaire participatif et inclusif mené par des sociologues, permettent de créer des cartes des villages informatisées avec des archives physiques des données. Ajoutons cela un apprentissage des Comités villageois de gestion foncière rurale (organes créés par un décret d'application de la loi foncière 98-750 du 23 décembre1998) l'archivage des données et l'inquiétude diminue. Tout le savoir traditionnel n'est pas inexorablement voué l'oubli avec le...