Libye : 3 défis relever avant les élections

Afrik - Le 2018-06-29  -  Voir source de l'article

La Déclaration de Paris du 29 mai 2018, laquelle est obtenue la faveur de la Conférence Internationale sur la Libye, se situe dans le sillage d'une solution la crise libyenne. L'un des points phares de cet accord politique est l'organisation des élections d'ici le 10 décembre 2018. L'idée maîtresse de cette démarche repose sur l'argument selon lequel sans élections, la crise libyenne se prolongerait. Toutefois, des élections dans le contexte actuel constituent-t-elles une panacée pour sortir de l'impasse politique libyenne?

Défis sécuritaires

Le préalable pour l'organisation de toute élection est la sécurité. Or, la pacification du pays est loin d'être un acquis en raison des milices qui pullulent dans le pays. Les milices de Misrata, les milices de Zintan, les milices côtières de Sabratha, contrôlent des zones «grises» dans la partie Nord et sur les côtes. Au sud, les groupes tribaux arabes, les Toubous, les Touaregs et les Fezzana s'affrontent de façon récurrente pour l'accès aux ressources et sont impliqués dans plusieurs trafics illicites. Les membres d'Al-Qaïda, de l'EI et d'autres groupes djihadistes chassés de l'est du pays et de Syrte ont trouvé refuge dans le Sud. En outre, la présence de factions rebelles tchadiennes (Front pour l'Alternance et la Concorde au Tchad, le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut) et soudanais du Darfour (l'armée de Libération du Soudan de Minni Minawi, SLA-MM, le Mouvement pour l'Egalite et la Justice, JEM) qui tentent de «survivre» grâce des aides financières, au mercenariat ou divers trafics (les réseaux criminels de contrebande et de traite d'êtres humains). La multiplicité et la divergence des intérêts de ces factions accroît la déstabilisation de la Libye et rend complexe la situation sécuritaire au Sud. Ces groupes rebelles sont souvent recrutés comme mercenaires au service des deux blocs militaires qui s'affrontent sur le théâtre libyen (Marechal Haftar plus proche du parlement de Tobrouk et Faïez Sarraj, président du gouvernement «d'union nationale». Par ailleurs, le contrôle du croissant libyen est devenu un enjeu de pouvoir pour les deux principaux camps qui se battent par mercenaires interposés pour son contrôle.

Défis institutionnels

Les élections ont un rôle essentiel jouer dans l'institutionnalisation d'un pouvoir légitime mais, celles-ci organisées sans un accord inclusif sont sujettes contestations. Par...